Enfant(s) et plus de 40ans ? petits mépris du bout du monde... la mère de Vaïana

Toujours ce petit mépris au départ, de mépris en méprises, (tu entends la musique de Delerue pour Godard?) de méprises en mépris et ces petits décalages, tu sais, ces inaperçues habitudes de nous remettre à notre place, celle du foyer, celle de l'intérieur, celle de l'objet, qu'on accessoirise, qu'on vampirise, qu'on plume, qu'on fourre…

je me demandais en regardant Vaïana (La Légende du Bout du Monde, 2016, de Pixar-Disney) si il y avait un âge fatidique où le mépris prend toute la place. Nan c’est pas un âge c’est carrément une ère qui débute quand tu as un enfant et qui se termine quand tu peux plus en avoir. Comme un habit, comme une seconde peau refleté dans les yeux des enfants, des jeunes adultes, de nos amant.es, même des séniors… tu vois c’est pas juste un problème de masculinité ! Un âge où comme la mère de Vaïana la femme n'a ni place, ni rôle, ni consistance, ni utilité, ni crédibilité... après l'image de la mariée, la femme au foyer, la maîtresse de maison, la ménagère de moins de 50, quelle figure tentes-tu d'inventer ? parce que finalement on nous a appareillé pour nous empêcher de sortir de la boîte d'emballage (de la chambre? de la cuisine?) C’est vrai, d’autres appareils médiatiques créèrent dans le même élan un carcan bien plus pervers, un espace de contrôle bien plus puissant : un devenir image de certains fantasmes tout hétéromasculin blanc certes : prostituée, pin up, burlesque et cinéma, pornogirl, hôtesse, star, speakerine, girlbands, MILF et puis toutes ces petites femelles sexy des jeux vidéos …

ok Walt a perdu sa mère petit dans une explosion de gaz, donc forcément l’adulte féminin est soit morte soit méchante. Pixar a tenté de nous redorer le blason, dans les Indestructibles (quoi que la mère Elastigirl rêve d’une vie bien rangée cachée, Edna Mode évidemment est géniale mais pas sex-symbole), Toys Story s’en sort pas mal (y a une mère célibataire et Barbie se syndicalise)… Pixar émancipe les princesses certes (j’en ferai un autre article), mais les rôles de femmes adultes continuent dans la lignée traditionnelle. J’ai bien aimé Vaïana que nous avons en France rebaptisée Moana (allez savoir pourquoi?) pleins de trucs à dire sur cette jeune fille, ce demi-dieu, les tatouages, la mer, la grand-mère … et puis la mère. celle qui est pile dans l’ère du NO WHERE. dans ce film d’animation elle est rien, le néant, l’oubli, le truc qui est là mais qu’on voit pas, la chose présente mais silencieuse inconsistante.

sToujours ce petit mépris au départ, de mépris en méprises, de méprises en mépris même le monde de l’art numérique continue à négliger cette HERstory des fertiles..









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