Performance

17 et 18

#24h-odyssey signe une première série de performances urbaines et connectées.

Invitée en résidence par le BAM dans le cadre du Festival d'Arts Visuels Courts-Circuits à Chambéry,

j'ai réalisé celle-ci assistée de Lilyana Valentinova Petrova.

Merci aux soutiens bénévoles et enthousiastes de l'équipe du BAM et de l'Espace Larith, aux étudiant.es motivé.es du Master1 création numérique pour leur week-end d'intégration, aux Licences 3 information-communication , au jeunes du Foyer du Biollay et à nos ami.es de toujours et de passages !

Facebook

Oeuvre sponsorisée par Association i materiel, Association BattleFlash, Peter Meetgrinder Gallery, ODAC, office départemental d'art contemporain

La Princesse et son Mac 

2013-2016

janvier à janvier

Oeuvre conçue, réalisée et coordonnée par Carole Brandon.
> collages et tapisserie : Carole Brandon, avec l’aide de Miss M et Mister E
> prospections, UI et art community management : Carole Brandon, Jeanne Chauvin, Peter Meetgrinder, Stéphane Pellicier, Lilyana Petrova et Marc Veyrat 
> pour le conte : idée principale : Michel-Ange Ferrugia
rédaction et forme du conte : Carole Brandon
récolte des histoires vécues : Carole Brandon

(un grand merci à ceux/celles qui me les ont confiées)
aide à la rédaction : Sarah Falco
conseils technologiques : Franck Soudan

lectrice assidue et conseillère : Christelle Canova

> pour la performance aides techniques et préparations : Amel-Sonia Najlaoui

L’oeuvre est un conte, La Princesse et son Mac écrit à partir d’un mur Facebook entre janvier 2013 et janvier 2016.
Pendant 3 ans, j'ai récolté des posts (dessine la trame narrative du conte à partir d’actualités traitant du corps, des machines et des questions d'identités), des commentaires et des messages.

Prélévés dans l'ordre d'apparition sur un document annexe, j'ai écrit le conte comme un immense collage en temps réel d'une activité facebook.

A aucun moment il n'est indiqué qu'il s'agit d'une oeuvre sur le mur ou le compte facebook qui porte mon nom.


L’oeuvre La Princesse et son Mac, est un hommage au manifeste des 343 femmes françaises signataires en 1971, d’une pétition dans laquelle elles attestent avoir avorté, pratique illégale et condamnable selon l’article 317 du code pénal de 1810. Dans une France déjà en ébullition sur les questions de contraception (loi Neuwirth, 1967 )et celles de l'avortement, ce manifeste est né sous l'impulsion d'abord d'une idée de Jean Moreau journaliste et Nicole Muchnik. Ce texte est né à l'initiative de Anne Zelensky et de Christine Delphy, aidées à la rédaction par Simone de Beauvoir sera suivi par le procès de Bobigny en 1972. Cela aboutira à une proposition de loi défendue par Simone Veil ministre de la santé en 1974 en faveur de la dépénalisation de l’interruption volontaire de grossesse, mais sans le reconnaitre comme droit : votée loi Veil du 17 janvier 1975
Le texte du manifeste, est publié le 1 avril 1971 dans Politique Hebdo sous le titre "les avortées prennent la parole".Puis sous le titre "je me suis faite avortée" il paraîtra avec les noms et les signatures dans le Nouvel Observateur n°334 du 5 avril 1971. En hommage aux 343 femmes signant (en avril 1971) un manifeste publié dans le Nouvel Observateur, en faveur de la légalisation de l’avortement, le mur pose les questions actuelles de contrôle des corps (surveillances massives, entreprises, développements ultra rapides des objets connectés sous couvert de santé et de biens sociaux) et du développement politique des health programmes et des transhumanistes (en référence les séries actuelles sur ces questions (WestWorld, Real Human, Transferts ou Her de Spike Jonze, Antiviral de Brandon Cronenberg, Ex-Machina de Alex Garland....).

En m'appuyant également sur le Dit du Genji de Murasaki Shikibu, écrit en 1000 au Japon sur 54 rouleaux inégaux, chaque chapitre se distingue par l’affichage de collages, postés sur le cover profil du mur. 

Ce conte La Princesse et son Mac a été conçu et crée en s’inspirant du premier roman japonais, Le Dit du Genji ou Genji Monogatari, écrit par une femme, Murasaki Shikibu entre sans doute 1005 et1013. Sous un sobriquet, comme il est dans l’usage imposé aux dames d’honneur de la cour impériale au Japon, en moins de 8 ans, à peine âgée de 30 ans, l’auteure écrit 54 livres inégaux sur des rouleaux. Chaque titre est inspiré d’un poème attribué à l’un des personnages du récit. Chaque chapitre mêle actualités quotidiennes de cette dame d’honneur et fictions.
C’est la raison pour laquelle, le conte La princesse et son Mac s’écrit sur facebook : le mur considéré comme un rouleau mélangeant actualités diverses. Et chaque collage met en scène un personnage (personnalités connues ou issues de la vie personnelle de l’auteure), et s’associe à une citation, un « ami » facebook identifié et une localité (comme un exergue).

En copiant la structure du Dit du Genji ainsi que l’hommage aux 343 femmes, cette princesse des réseaux s’inscrit dans une histoire au(x) féminin(s)

soutenance de thèse
UFR arts plastiques
université Paris1
Panthéon-Sorbonne
Jury

Leszek Brogowski, Professeur des Universités, esthétique et théorie des arts plastiques dans le département Arts plastiques, Université Rennes 2

Agnès de Cayeux, Net-artiste
Claire Lahuerta, Professeure des Universités, en arts plastiques, Université de Lorraine, Metz

Françoise Parfait, Professeure des Universités, en arts plastiques et sciences de l’art, dans le département Arts plastiques, Université Paris1 Panthéon-Sorbonne

Eric Valette, Professeur des Universités, en arts plastiques et sciences de l’art, à la Faculté des Arts d'Amiens, Université de Picardie Jules Verne

5 décembre 2016

à télécharger

texte de Marc Veyrat : La Princesse et son MAC / Princesse de l’i-REAL : l’EN-VERS d’un processus de sédimentation

  • Grey Facebook Icon

La Princesse et son Mac sur les réseaux sociaux
Processus créatif entre durées et récurrences

L'ENTRE [CORPS/MACHINE] La Princesse & son MAC I Soutenance de Thèse I Paris 2016, 

Captations Martin Chapuis, Montage et effets Sandrine Beaud

L'histoire du conte

Il était une fois une Princesse handicapée prénommée L, qui rêve d'un exosquelette.

Son ordinateur, seul objet de sociabilité, deviendra son mac.

Hackée, un M@c charmant la sauvera.

Les réseaux sociaux utilisés

À chaque tag (dans tous les sens du terme), le signe alimente le réseau, l’enveloppe, l’habillage même de l’univers dans lequel s'inscrit la Princesse et son Mac et l'artiste. 

Il permet également d’identifier tous les espaces appartenant à l’œuvre La Princesse et son Mac : le mur, la page, Pinterest, Instagram, Deezer, Twitter.

Ces différents réseaux sociaux se relient facilement dans l’usage quotidien : toute publication sur l’un est possiblement publiable en même temps sur les autres. La P&M s’affirme dans ses pratiques ici comme double, comme l’artiste elle-même et comme œuvre mais l’artiste en tant que la princesse. L’i+D/signe tague le territoire de l’œuvre dans les pratiques de l’artiste, alimentant cette cartographie. Il agit aussi en porte d’entrée.

Tout ce qui est visible sur le mur Facebook, le compte Twitter ou Pinterest a permis la création et l’émergence du conte et de l’œuvre. Ainsi, nous avons sous les yeux tous les éléments nécessaires à sa création. Nous accédons ici à la quasi-totalité du contenu.

Utiliser Facebook comme outil permet d’accumuler des données, de les agencer ou modifier, voire corriger, de ne pas être dépendant de l’instant du post comme sur Twitter. En effet, un tweet contraint à 500 signes d’écriture; il n’est pas modifiable et porte sa valeur et sa visibilité par le jour et l’heure de sa publication.

Utiliser un réseau social en évitant ce qui le fonde (les commentaires, les likes, les interactions) c’est s’engager sur un travail minutieux et régulier de choix et d’analyses des posts, prélever dans la vision de l’œuvre à venir. Ce travail artistique se fonde sur la pratique du collage à tous les niveaux de l’œuvre. Nous désirions associer cette pratique du collage d’éléments matériels récupérés à une pratique du collage sur les réseaux sociaux, en particulier Facebook qui effectivement n’accorde de valeur qu’à l’immédiateté de l’information finalement et Pinterest464 qui n’accorde de valeur qu’au stockage de l’information. L’un comme l’autre néanmoins tolère un grand nombre de variétés possibles de publications et surtout existe dans l’intérêt de nos usages quotidiens.

La P&M se revendique de cet art de conter tout en ne produisant pas pour finalité une œuvre littéraire mais une œuvre plastique dont la création d’un conte fait partie et s’inscrit plutôt dans la pratique du collage. Le mur Facebook, les collages des chapitres, la base de données sur Pinterest constituent la collecte dans le réel, en temps réel d’informations. L’accumulation globale s’agence pour donner à voir (et à lire si on le souhaite) une version d’un instant t de l’œuvre.

Les collages

Nous travaillons donc sur deux types de récupération et d’appropriation d’informations: d’un côté les publications et des conversations diverses sur Facebook, de l’autre nous créons des collages sur papier postés sur le coverprofil, qui marqueront les différents chapitres du conte sur le mur Facebook.

Ils s’affichent sur le coverprofil du mur Facebook et imposent leurs corporéités: la matérialité dénote et salit les images communicantes habituelles. 343 collages sur trois années rythment et dictent un rituel. C’est la raison pour laquelle ils sont également répertoriés sur Twitter et sur Pinterest car ils représentent les entrées dans cette œuvre.

Les déformations, les exagérations du trait, les coulures, les bavures, les gestes enfantins hasardeux, tâtonnant, colles, paillettes et découpages grossiers, autant de traces qui font tâche. Elles engluent le(s) personnage(s) dans ses matières-matériaux.

Par la récurrence de ces trois années et par la quantité, cette pratique banale (un joli petit collage?) se transforme en motifs picturaux au sein des informations quotidiennes variées des réseaux sociaux.

Les collages n’illustrent pas l’insulte ou ces 343 femmes mais le processus de la mise en motif, de la distorsion entre les mots et les corps par la machine médiatique, dont il semble que l’information en soit le nœud : ces passages entre un corps qui avorté, une signature qui revendique et une insulte qui stigmatise.

Le glitch ne se situe plus dans la perturbation machinique de l’image mais bien dans la récurrence dans le temps, leurs places sur le mur et leurs matérialités. Les collages dénotent et maculent un espace destiné aux images de communication ou aux images amateurs de mauvaise qualité.

  • Facebook - Grey Circle
  • Pinterest - Grey Circle
  • Instagram - Grey Circle

les collages en 9 x 9 cases

les collages avec citations

les collages en chapitres

La tapisserie

Le mur facebook achevé en janvier 2016, est imprimé sur une tapisserie en tissu. Elle sera finalisée pendant 34 jours de broderie consécutifs : les vidéos seront postées chaque jour sur storify et le conte sera brodé en noir sur la tapisserie à l’Espace Larith, à Chambéry du 25 mai au 25 juin 2016.

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