#StopClickBait

Martin Chapuis, tu as décidé d'en faire une démarche artistique ou tu deviens trieur de clicks, collecteur de crottes voire ramasseur de balles? Il y a dans ton combat toute la détresse du moulin à vent. Marc Veyrat me dit "ça fait penser à David Hammons". "Im not black like Franck Black i'm black like Charles White"... David Hammons vend des boules de neige à New York. Tu comprends bien l'ironie du marchand d'art/d'armes noir ici dans un coin de rue.


David Hammons, "Bliz-aard Ball Sale", 1983, Cooper Square, New York City

( photo de Dawoud Bey )


En hiver 1983, au carrefour du Cooper Union devant la célèbre école d'art, il vend parmi les vendeurs anonymes des boules de neige classées selon la taille, un dollar la pièce. Performance qu'il intitulera Bliz-aard Ball Sale, son jeu de mot illustre l'imposture du marché de l'art, un marché d'œuvres destinées à fondre.


Marchand ambulant d'un jeu courant dont la taille des pièces s'aligne comme autant de pièces à canon interchangeables et éphémères, choisir la taille c'est choisir cible et usage. Choisir la cible. Comme toi avec tes #StopClickBait. Un peu fondu d'avance traquons le vide informationnel, le sensationnel happeur du click. J'aimais bien quand Hammons pissait sur une oeuvre de Serra, sculptait avec des os de poulets ou enfilait des perles de cheveux interrogeant par le corps cette présence sociale fragile au sein d'une african-american life. Quelque chose du cannibalisme poétique du bonbon de Félix Gonzalez Torres et de la violence du lavage d'os de Marina Abramovic...





Une répétition du geste créateur stérilisé par le capitalisme marchand, vendeur de blancheur (white cube?).

Je pensais à cette désormais old school (sans ironie) musique indus livrant avec acharnement et créativité une guerre absolue à l'information : par répétition s'immiscer, performer, détourner, en libertaires extrémistes indépendants. Ils ont eux aussi essayé de marteler leurs luttes.


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